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12/04/2008

Atteinte aux libertés

14569550d8acce9462903cd3dab9bc5b.jpgLe développement de la vidéosurveillance est mal vu par de nombreuses associations. Au Royaume-Uni, Privacy International se bat depuis 15 ans pour le respect de la vie privée.
En France, l’association ‘Souriez vous êtes filmés’ et la Ligue des droits de l’Homme alertent sur les risques de la vidéosurveillance. Alain Weber, avocat chargé des questions d’informatique et de libertés à la la Ligue des Droits de l'homme, explique pourquoi il dénonce l'initiative de Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy a décidé d’élargir le dispositif de vidéosurveillance, qu’en pensez-vous?
«C’est un effet d’annonce qui nous interpelle. Comment quelqu’un qui a été si longtemps au Ministère de l’Intérieur peut-il subitement découvrir les bienfaits de la vidéosurveillance dans la lutte contre le terrorisme en Angleterre? C’est une instrumentalisation illégitime de l’Etat d’une crainte légitime des citoyens : la peur des attentats terroristes. Nous vivons dans un Etat de plus en plus policier, c’est l’instauration d’une petite Stasi à la française.
Pourquoi une hostilité aussi violente à un la vidéosurveillance, présentée par les Etats comme un moyen efficace de lutter contre la délinquance ou le terrorisme ?
«D’abord, parce qu’aucune étude n’a jamais prouvé qu’il existait une corrélation entre l’installation de caméras de vidéosurveillance dans un endroit et la baisse de la délinquance. Le gouvernement britannique le dit lui-même. Les 800 millions € investis par la Grande-Bretagne pour mettre en place le réseau de vidéosurveillance n’ont pas empêché les terroristes de poser des bombes dans le métro londonien. Les vidéos n’ont aucun effet préventif. Elles ont été un outil parmi d’autres pour retrouver les coupables, mais c’est tout. En réalité, l’un des terroristes a pu être identifié car il a été reconnu par un membre de sa famille. Sans la constitution de fichiers vidéo, les caméras n’ont aucun intérêt. En outre, elles risquent d’entraîner un déplacement de la délinquance des quartiers avec caméras vers les quartiers sans et une ségrégation du droit à la sécurité.
Enfin et surtout, la vidéosurveillance constitue une atteinte grave aux libertés individuelles.
Quel est le risque pour les libertés individuelles?
«Le problème, c’est le traitement des données. On ne sait pas comment ces informations sont gérées ni par qui. La loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme resserre l’étau autour du citoyen. Dorénavant, les policiers et les gendarmes peuvent avoir accès directement aux images collectées sans le contrôle du juge. C’est dangereux.
De même, les commissions qui autorisent la mise en place de vidéos, même si elles sont présidées par un magistrat, sont très opaques. Résultat, l’Etat a un rôle de plus en plus important.
Sur qui comptez-vous aujourd’hui pour faire contrepoids ?
«La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) effectue un bon travail, mais ce n’est pas suffisant. Elle n’a pas les moyens d’agir seule, c’est aux citoyens de se mobiliser et de l’alerter. Les associations, la presse doivent aussi jouer leur rôle d’information et pousser les citoyens à se rebeller contre ce fichage tous azimuts.
On est dans une société de la traçabilité des gens. La reconnaissance biométrique va devenir omniprésente : la reconnaissance palmaire pour manger à la cantine, une puce sous la peau pour entrer en boîte comme c’est déjà le cas en Espagne. Il ne s’agit pas de critiquer toute forme de modernité, mais d’avoir conscience des risques de l’interconnexion des informations individuelles.»
(Article recueilli sur le net. http://www.plusnews.fr.)

Commentaires

Nous vivons "dans une société de traçabilité"... C'est tellement vrai...

Dans un tel contexte, est-ce qu'on ne peut pas admettre l'existence de quelques caméras pour sécuriser un ou deux parkings, par exemple?

Je pose la question, "seulement"....

Car, finalement, quel est l'inconvénient ?

Ecrit par : christian castel | 16/05/2008

Mettre une ou deux caméras aura, à mon sens, pour conséquence de déplacer(dans l'hypothèse où elles dissuadent)les actes de vandalisme dans les parkings non surveillés. Donc demain tous les parkings puis toutes les rues seront sous surveillance. Aprés demain on nous expliquera qu'aprés avoir protégé les biens il nous faut protéger les personnes là, les caméras apparaîtront dans les parcs, les squares et bientôt nous ne pourrons plus faire un pas sans être filmé. L'inconvénient est la dérive, l'utilisation qu'on en fait, et les réelles motivations d'une telle installation...Nous savons par différentes études que la vidéosurveillance ne permet pas de stopper les actes de vandalisme et de terrorisme et cela malgré le fait qu'elle facilite la reconnaissance des auteurs des méfaits nous dit-on!. A Londres la vidéosurveillance n'a pas empêché les attentats et pire un innocent a été abattu. Bientôt on interdira les cagoules, les casquettes .
Ps: cette nuit ma voiture était dans un parking on m'a dérobé mes 4 enjolivers...

Ecrit par : Loïc | 17/05/2008

Je ne dis pas que tu as tord, Loïc… L’idée, c’est, aussi, que dans ce domaine comme dans d’autres, il ne faut pas forcément tout condamner « en bloc »..

De mon coté, je continue de réfléchir à cet important problème !

Ecrit par : christian castel | 19/05/2008

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